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L'Âge d'Or, José Martí

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JOSÉ MARTÍ

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José Martí

L'Âge d'Or

Revue n°4

1ère éd. 2013

68 pages

17 x 25 cm

15 euros

ISBN : 979-10-90127-24-1

Édition de luxe, tirage limité,

reliure cousue main. Quatre volumes

 

Jeunesse. Traduit de l'espagnol (Mexique) par Marie-Charlotte Bonnot, Julia Cultien, Alexis Dedieu & Magali Homps

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Édition soignée, reliée à la main

Les quatre numéros de L'Âge d'Or ont fait l'objet d'une édition à tirage limité, reliée à la main. À l'occasion de la première traduction en français, des gravures originales ont été reprises, et accompagnent des illustrations contemporaines de la dessinatrice Lucile Balanzat. Voir virtuellement les premières pages de ce volume ici. Voir les étapes du façonnage sur le blog des éditions.

 

Les quatre volumes peuvent très bien se lire de façon indépendante et dans un ordre non-chronologique.

Résumé

L’Âge d’Or, revue destinée à la jeunesse latino-américaine, a été entièrement conçue et réalisée par le cubain José Martí à la fin du XIXe siècle, alors qu’il œuvrait aussi à l’indépendance de l’île.

La revue, inédite à ce jour en français, propose au lecteur de courts essais aux thèmes aussi variés que l’histoire des maisons dans le monde, le récit des exploits des principaux Libérateurs de l’Amérique hispanique, ou le compte-rendu d’une visite à l’Exposition universelle de Paris de 1889. Mais on y trouvera aussi des poèmes et des contes parfois adaptés d’autres langues et d’autres cultures, et des illustrations d’époque ou contemporaines.

Par sa diversité, par sa volonté de faire connaître et de partager ce qui vient d’ici comme d’ailleurs, L’Âge d’Or est à l’image des ambitions de L’atelier du tilde : offrir aux lecteurs francophones des textes classiques provenant des cultures hispaniques qui trouvent toute leur place dans les débats et les questionnements d’aujourd’hui aussi bien que des textes d’auteurs contemporains encore méconnus en Europe et sur l’espace francophone.

Sommaire de ce volume

José Martí : l’engagement littéraire et humain, par Anne-Claire Huby, p.5

Promenade en terre Annamite (récit), p.9

Histoire de la cuillère et de la fourchette (article), p.23

La poupée noire (conte), p.29

Histoires d’éléphants (article), p.39

Les deux rossignols (conte), p.47

La galerie des machines (article), p.57

La dernière page, p.59

Note des traducteurs, p.63

Table des illustrations, P.65

Ce qu'en disent les médias

// Émission La Gourmandise d'Eva Bester, France Inter,

20 mai 2014

Chronique radiophonique sur l'un de nos titres effectuée à l'antenne par la chroniqueuse : il s'agit de L'Âge d'or, de José Martí

 

ENTENDRE

Promenade en terre annamite

[...]

Et ils vont au théâtre pour affermir leur cœur. Au théâtre, il n’y a pas de Français ! Au théâtre, les comédiens leurs racontent les histoires du temps où l’Annam était un grand pays, si riche que ses voisins voulaient le conquérir. Mais, en ces temps-là, il y avait de nombreux rois et chaque roi voulait les terres des autres, si bien que le pays s’épuisa dans des guerres. De plus, les ennemis de l’extérieur, les Chinois, les gens de Siam, les Français, s’alliaient avec le roi défait, pour enlever son pouvoir au vainqueur. Puis, ils devenaient les maîtres de l’Annam et entretenaient les différents partis dans une haine mutuelle, pour qu’ils ne s’allient pas contre l’étranger, comme il aurait été logique qu’ils le fassent, et qu’ils le jettent dehors, à cause de son ingérence et de sa traîtrise, lui qui était venu en ami, déguisé en colombe. Mais une fois installé dans le pays, l’étranger enlève ses plumes et on peut alors voir son vrai visage : celui d’un tigre voleur. Chez les Annamites, le théâtre ne parle pas des événements actuels, mais de l’histoire du pays : de la guerre que le valeureux An-Yang remporta contre le Chinois Chautu ou des combats menés par Cheng Tseh et Cheng Urh, deux femmes qui revêtirent la tenue des guerriers, enfourchèrent leur cheval et devinrent générales du peuple Annamite, et firent sortir les Chinois de leurs tranchées. On raconte aussi les guerres des rois, quand le frère du roi mort voulait régner sur l’Annam à la place de son neveu ou quand le roi venait de loin pour prendre la terre du roi Hué. Les Annamites, accroupis, écoutent l’histoire. Celle-ci n’est pas racontée par des comédiens qui parlent ou qui chantent, comme dans les drames ou les opéras, mais avec une musique très bruyante qui ne permet pas d’entendre ce que disent les comédiens. Ils portent de très riches tuniques brodées de fleurs et d’oiseaux inconnus, des casques en or très travaillés sur la tête et des ailes à la taille quand ils sont des généraux et deux plumes très longues sur le casque s’ils sont des princes. Et quand ils sont des personnes importantes, ils ne s’assoient pas sur des sièges ordinaires mais sur des sièges très hauts. Et ils racontent, se disputent, se saluent, discutent, prennent le thé, entrent par la porte de droite et sortent par la porte de gauche. La musique joue sans arrêt, avec ses petites cymbales et sa grosse caisse, son clairon et son petit violon. C’est une musique étrange, qui ressemble à des hurlements et des cris sans arrangements et sans ordre. Mais on voit bien que les instruments prennent un ton triste quand on parle de la mort, et un ton guerrier quand le roi vient de gagner une bataille. Quand la princesse se marie, la musique est une musique de procession et de liesse, et elle est bruit et tonnerre quand entre sur scène, avec sa barbe blanche, le grand prêtre. Et les musiciens ornent chaque variation musicale comme il leur plaît, imaginant l’accompagnement au fur et à mesure qu’ils jouent. On a donc l’impression que la musique n’obéit à aucune règle bien que l’on comprenne, en tendant bien l’oreille, que leur règle est de laisser libre cours à la créativité de celui qui joue. Cela lui permet de vivre pleinement le drame qui se joue et de mettre dans sa musique toute la joie, la peine, la poésie ou la colère qu’il ressent au plus profond de son cœur, sans oublier les intonations de la musique ancienne, que tous les membres de l’orchestre doivent connaître, pour qu’il puisse y avoir un fil conducteur dans tout le désordre de leurs trouvailles, qui sont vraiment nombreuses. Et celui qui ne connaît pas ces tonalités anciennes, n’entend rien d’autre que les coups de tambours et le brouhaha. C’est ainsi que les choses se déroulent dans les théâtres d’Annam, ce qui donne mal à la tête à un Européen. La musique lui semble odieuse, cette même musique qui fait rire de plaisir l’Annamite qui est juste à côté de lui, ou qui le fait pleurer de peine. Tout dépend de l’histoire racontée par les musiciens. Racontent-ils l’histoire du pauvre homme de lettres qui s’est ingénieusement moqué des conseillers du roi, jusqu’à ce qu’un des conseillers devienne le pauvre ? Ou bien cette autre histoire, l’histoire triste du prince qui s’est repenti d’avoir fait appel à des étrangers pour diriger son pays et qui s’est laissé mourir de faim aux pieds de Bouddha, quand il était trop tard pour faire machine arrière car les ambitieux étrangers étaient déjà entrés par milliers sur cette terre lâche et qu’ils détenaient le pouvoir sur les mines d’or et les fabriques de soie, sur la distribution des terres, sur la justice et que même les enfants de cette terre aidaient les étrangers à maltraiter celui qui défendait de tout son cœur la liberté de sa terre ? La musique joue alors doucement, lentement, comme si elle pleurait et comme si elle se cachait sous la terre. Et les acteurs, comme si passait un cortège funèbre, se couvrent le visage avec les manches de leur costume. Voilà comment se joue la musique de leurs drames historiques, de leurs drames de guerre ou de mariage, tandis que les acteurs crient et déambulent sur scène devant les musiciens, que les généraux se jettent à terre, pour signifier qu’ils sont morts, ou passent la jambe droite par dessus le dossier d’une chaise pour dire qu’ils vont monter à cheval, ou que le prince et la princesse entrent sur scène, en écartant des rideaux, pour que l’on sache qu’ils viennent de se marier. Car le théâtre est une pièce ouverte, sans frises et sans coulisses, sans machines et sans peintures. Mais au moment où l’on va changer de scène, un régisseur en blouse et en turban apparaît, et le dit au public. Ou alors, il apporte une table, ce qui signifie qu’il va y avoir un banquet, ou bien il accroche une lance sur le mur du fond, ce qui signifie qu’une bataille va avoir lieu, ou encore, il souffle l’alcool qu’il a dans la bouche sur une torche enflammée, ce qui signifie qu’il y a un incendie. Et cet homme portant une blouse, qui amène et enlève des choses, va et vient au milieu de ceux qui jouent les princes en soie ou les généraux en or d’il y a deux mille ans, quand les parents du prince Ly-Tieng-Vuong voulaient lui faire boire une tasse de thé empoisonné. À l’intérieur, dans ce que l’on ne voit pas du théâtre, il y a comme un comptoir, avec des boîtes de maquillage et des miroirs accrochés au mur, et un rosaire de barbes, parmi lesquelles celui qui joue un fou prend la jaune, celui qui joue l’homme féroce la rouge, la noire revient à celui qui joue le beau roi et la blanche à celui qui joue le vieillard. Et celui qui joue le gouverneur se maquille le visage, en rouge ou en noir. [...]

José Martí (1853-1895), peut-être plus connu comme voix politique cubaine majeure de la fin du XIXe siècle, a beaucoup œuvré pour l’Indépendance de l’Île, prêchant l’unité des Amériques hispaniques et la nécessité de forger des nations d’hommes et de femmes libres pourvus d’un jugement critique fondé, tout en dénonçant l’impérialisme naissant des États-Unis. Mais c’est aussi un grand poète, précurseur du modernisme, un conteur et un essayiste au souffle puissant et harmonieux, un orateur persuasif, un journaliste curieux et attentif aux évolutions multiples et complexes du monde, un pédagogue hardi, et un lecteur insatiable dont l’importance ne peut être que soulignée tant son œuvre et son action résonnent encore aujourd’hui.

 

Aux éditions de L'atelier du tilde :

 

// Petit doigt (2011)

 

// Les deux rossignols & La crevette enchantée (2011)

 

// L'Âge d'Or (2012-2013)

 

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La polysémie du mot bordée nous a semblé propice à héberger un certain nombre de prolongements thématiques en relation avec ce titre : la bordée, qu'elle soit un terme de navigation maritime, ou bien l'incitation à une escapade collective, élargit le hublot par lequel on (a)perçoit l'autre rive. Vous trouverez dans cette section des articles, médias ou entretiens susceptibles de faire écho au texte publié.

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Dernière mise à jour : printemps 2015